Archives de catégorie : politique cyclable

Le vélo et les trottinettes au menu du dernier conseil communautaire

Si vous avez quelques minutes à perdre, prenez le temps de visionner les débats du dernier conseil communautaire de Sète agglopôle méditerranée. C’est édifiant sur le niveau des débats sur un sujet pourtant crucial à savoir le rôle des mobilités dans la lutte contre le réchauffement climatique et la diminution des gaz à effet de serre.

Le point à l’ordre du jour débattu par les conseillers communautaires concernait les subventions pour l’achat de vélo et de trottinettes électriques. 

Les échanges entre les élus relèvent davantage du niveau du “café du commerce” que d’un débat sur une politique publique pourtant essentielle pour la transition climatique. 

Lire à ce sujet le billet du Midi Libre.

On ne peut qu’être affligés par le niveau des arguments développés par les uns et les autres… Au point que nous avons envie de leur conseiller de lire en urgence l’ouvrage de référence sur le sujet “Le retour de la bicyclette” de Frédéric Héran.  Ouvrage indispensable et salutaire pour tout comprendre sur l’évolution des mobilités. Visionner l’intervention de Fédéric Héran à la maison du vélo de Paris.

En conclusion des échanges, Loïc Linarès a souligné que le mérite de ce débat est qu’il ait pu avoir lieu, ce qui aurait été impensable auparavant.

Toutefois, au regard de l’urgence de la rupture nécessaire pour enclencher la transition, on ne peut qu’encourager nos élus à faire encore un effort pour comprendre les enjeux de mobilités….

Région Occitanie, toujours un vélo de retard

Mauvaise note pour les aménagements cyclables en Occitanie. Les résultats du Baromètre des villes cyclables sont sans appel : la moyenne de piste cyclable par habitant est de… 85 cm. Cliquez sur l’article pour le lireA l’occasion d’une voyage d’étude d’une  délégation d’élus de la Région Occitanie aux Pays-Bas, le Midi-Libre revient sur les résultats du baromètre des villes cyclables que l’on peut consulter ICI.

Contrairement aux idées reçues, les Pays-Bas ne sont pas devenus le “paradis du vélo” en raison de la culture ou de la mentalité de ses habitants, ni même de la topographie plate du pays. Dans les années 1970, les Pays-Bas, comme tous les autres pays européens, étaient un “pays de la bagnole” jusqu’à ce qu’une forte volonté citoyenne et politique ne déclenche une révolution du vélo spectaculaire.

Pourquoi pas le vélo” écrit par un cycliste néerlandais vivant en France est un ouvrage indispensable pour comprendre cette transformation et la différence entre les Pays-Bas et la France. Une lecture réjouissante et pleine de bon sens, un beau cadeau à se faire avant la fin de l’année…

Tous à vélo, belle manif le 24 septembre de Sète à Montpellier

A l’appel de Vélocité Montpellier, une grande manifestation de cyclistes s’est déroulée le 24 septembre devant le siège de la métropole.

Quelques cyclistes sont partis de Sète pour rejoindre l’immense cortège à la fois pour promouvoir le vélo comme outil de mobilité au quotidien mais également comme alternative aux solutions du passé qui conduisent la ville à imposer un  projet de parking sous l’esplanade.

Retour de Fred de Vélocité Montpellier qui a organisé le parcours de Sète à Montpellier

Respecter les contraintes de la manifestation sétoise et celles de la montpelliéraine n’a pas permis de proposer un trajet accessible à tous en terme de rythme, c’est pourquoi nous n’avions aucun objectif en terme de nombre de participants mais les deux montpelliérains au départ sont ravis d’avoir pu cheminer avec les deux membres de la Roue Libre de Thau.

Nous voulions établir un lien symbolique entre la situation aujourd’hui à Sète et celle de Montpellier.
À Montpellier la manif est massive, revendicative et joyeuse tandis qu’à Sète c’est l’inquiétude et la tension qui dominent à juste titre.  Le contraste est saisissant.
À Montpellier les Mairies relaient l’info, à Sète le Maire est hué par sa population.
À Montpellier la police accompagne le cortège, à Sète la police escorte le Maire.
À Montpellier, on avance, à Sète, il creuse.

Le message de Sète transmis sur la place Aristide Briand a pris place en fin de cortège à Montpellier, il était visible, remarqué et a permis d’illustrer que la bascule vers des villes cyclables est un combat à continuer.

Voir la vidéo : le message de Sète est en toute fin de vidéo.

Nous aurons, j’espère, l’occasion de proposer dans l’année qui vient d’autres événements à l’ouest de Montpellier en espérant qu’on arrive à les préparer un peu plus en amont.

Fred

Bonus vélo : les aides de l’Etat étendues jusqu’au 31 décembre 2022 et relèvement du forfait mobilités durables

Jusqu’au 31 décembre 2022, le « bonus vélo » est renforcé, et n’est plus soumis à l’obtention d’une aide équivalente des collectivités territoriales.  Qu’il s’agisse d’aide pour l’achat d’un vélo traditionnel, augmentation du bonus pour l’achat d’un vélo électrique, vélo cargo, etc., sous conditions de ressources ou de handicap, prime à la conversion pour chaque personne d’un même foyer.

Tout savoir sur le site service public.

Afin d’encourager le recours à des transports plus propres pour les trajets domicile-travail, le « forfait mobilités durables » est entré en vigueur le 10 mai 2020. Dans le but d’améliorer le pouvoir d’achat, les plafonds d’exonération attachés à ce dispositif sont relevés à partir du 18 août 2022.

Les vélos et vélos à assistance électrique (personnel et en location) sont concernés par cette mesure tout comme le co-voiturage, les transports en commun et les “engins de déplacement personnel”.

En savoir plus sur le site service public.

Une piste cyclable pour contourner Sète, à quel prix ?

La Ville de Sète a entrepris la réalisation d’une “voie verte Nord” entre le secteur de la Plagette et le Pont Levis. En réalité, il s’agit plutôt d’une piste cyclable (voir la définition d’une voie verte) destinée à relier le centre-ville aux plages. Cette piste longera la voie ferrée sur sa partie sud. 

Les travaux en cours se sont notamment traduits par l’abattage de 120 cyprès situés dans l’enceinte du cimetière Le Py suscitant une émotion légitime  à l’heure où la lutte contre le réchauffement climatique impose  une politique de végétalisation et de création d’ilots de fraicheur dans les zones urbaines.

L’accès à cette future piste cyclable par la rue des Canaris a donné lieu à un tracé pour le moins baroque, véritable gymkhana entre trottoirs et passages piétons, amenant  directement les cyclistes sur des véhicules en stationnement. Il est vrai que les riverains pétitionnaires ont été entendus par la Ville qui a renoncé au tracé initial qui se serait traduit par la suppression de  quelques places de stationnement sur chaussée.

Le projet se révèle également fort coûteux puisqu’il passe  par l’acquisition d’un pavillon au 42 rue des Capucines (coût 360 000 euros) destiné à être démoli pour  permettre de relier la rue Toussaint Mazel  et l’achat de deux  parcelles (coût 30 920 euros) voté lors du conseil municipal du 27 juin 2022 (points 42 et 43 en toute fin de document).

Le projet  remonte à 2019. A cette époque, la Roue libre de Thau était encore invitée à des réunions de travail avec la ville et une présentation avait été faite des projets cyclables (voir la présentation d’avril 2019).

A l’époque, nous avions exprimé le souhait que la rue des Loriots soit aménagée pour faciliter la circulation des vélos. Cette voie limitée à 30 km/h est fréquemment empruntée par les cyclistes, malheureusement, elle sert également d’itinéraire de délestage lorsque les boulevards Verdun – Blanc sont saturés.  Aussi, les voitures sont loin de respecter le 30 km/h et les automobilistes ont tendance au contraire à accélérer entre les quelques dos d’âne et panneaux “stop” censés les ralentir.

Certes l’aménagement de la rue des Loriots signifierait de la placer en sens unique pour rendre la circulation uniquement résidentielle et non de transit, certes cela demanderait de supprimer toutes les places de stationnement sur chaussée… Autant d’atteintes graves et irrémédiables à la “liberté” des automobilistes que ne saurait accepter la municipalité.

Pourtant, l’espace ainsi libéré permettrait à un coût dérisoire la création d’une piste bidirectionnelle qui aurait également le mérite d’être immédiatement accessible par les habitants de l’ile de Thau.  Le développement du vélo dans les quartiers en politique de la ville est une priorité pour aider à leur désenclavement. Sans compter les bienfaits pour la santé et la vie en ville du recours au vélo comme moyen de déplacement au quotidien.

Le projet de piste cyclable répond à la volonté de la Mairie de pouvoir faire le tour de Sète à vélo. Loin de bouder notre plaisir devant le développement de voies cyclables, la Roue libre de Thau milite pour une ville entièrement cyclable c’est à dire un partage de la voirie par l’ensemble des usagers.

Les différents modes (marche, vélo, voiture) doivent cohabiter et se partager l’espace public ce qui signifie une limitation volontariste et drastique de la place accordée à la voiture et aux deux roues motorisés pour permettre aux modes doux de s’installer sur l’ensemble de la ville et non sur quelques espaces réservés.

Merci d’avoir répondu au baromètre des villes cyclables

Beau succès pour cette troisième édition du Baromètre des villes cyclables. En 2021,  277 000 réponses ont été obtenues, au soit 90 000 de plus qu’en 2019 ! Plus saisissant encore : le nombre de communes qualifiées a doublé, pour atteindre 1 625 communes cette année. Plus de 8 100 communes ont reçu au moins une contribution : des chiffres qui témoignent d’une véritable dynamique à la hausse pour le vélo dans tous les territoires.

Sur le Bassin de Thau, les résultats sont également en hausse avec 5 villes qualifiées, alors qu’en 2019 seules 3 villes l’étaient (Marseillan, Frontignan et Sète). 

En 2021, Marseillan a recueilli 154 réponses, avec un taux de réponse par rapport à la population de 1,978 %, ce qui signifie que près de 2 % des Marseillannais ont  répondu au questionnaire.
Villeveyrac, ville nouvellement qualifiée, a obtenu  57 réponses  soit un taux de réponse de 1,489 %.
Avec 215 réponses, Sète a un taux de  0,492 %.  Mèze, nouvellement qualifiée, a recueilli  57 réponses soit  0,475 %. Frontignan avec 77 réponses a un taux de participation de  0,339%.

Les autres communes de l’agglomération n’ayant pas franchi la barre des 50 réponses ne sont pas qualifiées. Avec 42 réponses, il a manqué 8 réponses pour que Mireval se qualifie (taux de 1,28).
Les autres communes sont plus loin de la qualification : Montbazin (27 réponses), Poussan (26), Balaruc les Bains (16), Bouzigues (14),  Gigean (11), Vic la Gardiole (7) et Balaruc le Vieux (6).

Notons que dans les environs, les ville de Villeneuve lès Maguelone  (70 réponses), Fabrègues  (82) et Agde (70) se qualifient. 

Votre ville est-elle cyclable ? Répondez au baromètre

Votre commune est-elle cyclable ? Faites connaitre votre avis sur la mobilité à vélo en répondant au Baromètre de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB).

Les conditions de déplacement à vélo se sont-elles améliorées… dégradées, sont-elle restées identiques dans les 14 communes de l’agglopôle ?

Faites connaitre vos impressions quant au climat cyclable de la  commune où vous vivez et/ou de celles que vous parcourez sur vos trajets quotidiens pour votre travail, vos loisirs ou vos courses.

En moins de dix minutes, vous pourrez noter différents aspects du système vélo, recenser les lieux à aménager en priorité et ceux ayant connu une amélioration récente liée à un aménagement. 

Répondez au baromètre des villes cyclables afin que votre commune figure dans les résultats nationaux.

En 2019, seules les communes de Sète, Frontignan et Marseillan ont figuré dans le baromètre : voir les résultats du baromètre 2019.

Répondez au baromètre pour que la Roue libre de Thau puisse, en s’appuyant sur les résultats, interpeller les élus et leur proposer des pistes prioritaires d’action en faveur du vélo.

 

Que nous dit le recensement sur les déplacements dans l’Agglo ?

Depuis juin 2021, les résultats du recensement général de la population conduit en 2018 par l’INSEE sont disponibles, notamment sur les modes de déplacement entre le domicile et le lieu de travail.

Une analyse portant sur les 14 communes de la communauté d’agglomération vient  confirmer les intuitions et les ressentis sur les modes de déplacements pour se rendre au travail. 

Sète se caractérise par la place occupée par la marche qui concerne 1700 personnes soit 13 % de l’ensemble alors que la moyenne des villes de l’agglomération se situe à 7 %.  Parmi les habitants du bassin de Thau, les  Sétois se distinguent en étant presque deux fois plus marcheurs que le reste de la population.

Le moindre recours à la voiture est l’autre point saillant des Sètois : 64 % d’entre eux utilisent leur voiture pour aller travailler, alors que la moyenne du bassin de Thau est de 78 %. Cela est corrélé au moindre taux d’équipement en voiture des Sètois : 73 %  ont au moins une voiture – taux nettement plus faible que celui des autres communes de l’agglomération ( de 86 % à Mèze jusqu’à plus de 95 % à Vic-la-Gardiole).

La place occupée par les deux roues motorisées est une autre particularité de Sète : ce mode de déplacement représente 7 % (900 personnes) alors que la moyenne de l’agglomération est de 3,7 % soit un écart de 3,3 points. Si le Sètois marche deux fois plus que la moyenne du bassin de Thau pour se rendre au travail, il est également deux fois plus utilisateur d’un scooter ou d’une moto.

Le recours aux transports en commun pour se rendre au travail est également plus important à Sète que dans les autres communes, il est vrai, sans doute moins bien desservies. La part des déplacements en transports en commun représente 9,1 %  (1 174 personnes) alors que la moyenne de l’agglomération est de 5,1 % (écart de 4 points). Seule la ville de Frontignan dépasse cette moyenne avec 6,19 %, lié au bénéfice d’une gare et d’un accès rapide en train à Montpellier principale zone d’emploi.

Et le vélo dans tout cela ? Il occupe encore part qui reste très modeste, 1,7 % des déplacements dans l’agglomération (soit 744 personnes se rendant à vélo au travail).
La part modale des  vélo-tafeurs est faible : à Sète, elle est de  1,95 % soit 252 personnes, à Frontignan de  1,55 % soit 133 personnes.  Voire très faible : à Vic-la-Gardiole 0,85 % à avec 13 cyclistes… et seulement 0,08 % à Montbazin (avec un seul cycliste), même Villeveyrac, où la topographie n’est pas toujours facile pour les déplacements à vélo, fait (un peu) mieux avec 0,98 (16 cyclistes).
Les communes, où les déplacements à vélo sont supérieurs à la moyenne du bassin de Thau, sont Marseillan (2,84 % soit 64 cyclistes), sans doute en raison de la voie cyclable entre les deux pôles de Marseillan,  Mèze 2,57 % soit 103 cyclistes, Bouzigues (2,47 % soit 16 personnes) ou Balaruc-les-Bains (2,33 % soit 57 personnes).

A titre de comparaison, la part des déplacements travail à vélo dans Montpellier représente 7,96 % des déplacements (soit 8 500 personnes) et celle de la voiture seulement 53 %. Les transports en commun représentent 22,5 % et les deux roues motorisées seulement 2,79 %.

Ceci montre que, sur le bassin de Thau, il reste encore d’énormes “marges de progression” (euphémisme) avant que le vélo soit considéré et utilisé comme un mode de déplacement du quotidien pour se rendre au travail. Pourtant, le forfait mobilité durable offre une aide non négligeable aux salariés se rendant au travail à vélo (500 euros).

Gageons que le prochain baromètre des villes cyclables qui sera lancé le 4 septembre 2021 apportera des éclairages complémentaires sur l’usage du vélo dans le Bassin de Thau.

Le vélo gagne du terrain

Les Français sont de plus en plus nombreux à se rendre au travail à vélo, Grenoble a détrôné Strasbourg comme capitale française du vélo, la Guyane est la première région cycliste de France… quelques enseignements fort intéressants de l’exploitation du dernier recensement réalisé par l’INSEE.

L’excellent journal Alternatives Economiques fait la synthèse de cette enquête, à lire ICI.

En moyenne sur la France entière, deux moyens de déplacement progressent pour se rendre au travail : le vélo et les transports collectifs. Pris ensemble, le gain de part modale est de 0,26 points, mais c’est surtout le vélo qui progresse avec une augmentation relative de la pratique qui atteint 8,33 % en un an. Les modes individuels motorisés diminuent, que ce soit la voiture (de 0,12 %) ou les 2-roues motorisés (de 1,51 %). On note également une légère baisse de la marche et de la modalité « pas de transport ».

Au podium des villes où l’on se rend le plus à vélo au travail, on retrouve en tête Grenoble, puis Strasbourg, Bordeaux, Rennes, Nantes et Toulouse. Montpellier arrive en 9ème position après Lyon et Angers.