Archives de catégorie : politique cyclable

Pourquoi les commerçants se trompent quand ils demandent des parkings

Très intéressante étude du CEREMA sur mobilité et commerces qui démontre notamment que les commerçants se trompent de combat. Ils se plaignent fréquemment des mesures qui visent à réduire la place de la voiture et réclament à l’inverse plus de places de stationnement et de facilité de circulation pour les voitures.

Plusieurs études ont montré qu’ils se trompent sur la façon dont leurs clients arrivent jusqu’à leur commerce. Généralement, ils surestiment fortement l’utilisation de la voiture pour faire ses achats. Sans doute, les  les discussions qu’ils peuvent avoir avec leurs clients influencent cette perception. Le client qui est venu en voiture et a eu du mal à se garer va le faire savoir haut et fort, alors que celui qui est venu à pied ne va pas évoquer le fait que les trottoirs sont trop étroits ou qu’il y a trop de voitures. Par ailleurs, les chiffres de l’INSEE montrent que parmi toutes les catégories socioprofessionnelles, les « artisans, commerçants » sont ceux qui se déplacent le moins fréquemment en utilisant un moyen de transport alternatif à la voiture. Seuls 13% d’entre eux se déplacent vers leur lieu de travail à pied, en transports collectifs, à vélo ou 2 roues motorisés contre 34% des cadres. Ainsi, une deuxième  explication serait qu’ils pourraient avoir tendance à projeter leur cas personnel et à surestimer l’utilisation de la voiture.

Lire la synthèse sur le site du  Collectif Cycliste 37.

Vélo et port du masque

Doit-on porter le masque lorsqu’on se déplace à vélo ?

Le communiqué de presse de la  préfecture de l’Hérault du 25.08.2020 assouplit l’obligation générale du  port du masque lorsque l’on circule à vélo.

“Dans la mesure où les usagers utilisant un mode de circulation douce (vélo, trottinette…) sont de passage, ils ne font pas courir de risque de contact dès lors qu’ils se trouvent sur une voie de circulation adaptée à savoir les pistes cyclables, les routes, les chemins.

Par conséquent, l’obligation de porter un masque ne s’applique pas dans leur cas sous réserve cependant de ne pas être en groupe ou en contact de piétons notamment sur les zones de rencontres.” 

Le vélo dans le Bassin de Thau, rencontre du 10 octobre à Frontignan

Une trentaine de personnes ont participé à la rencontre organisée par la Roue libre de Thau sur le vélo dans le bassin de Thau le 10 octobre dernier. 

La Ville de Frontignan, Sète Agglopôle Méditerranée et de Département de l’Hérault ont présenté leurs projets en faveur des déplacements cyclables. 

Vous pouvez lire le compte-rendu de cette rencontre ICI.

Anne-France Osmo et Loïc Linarès présentent les aménagements cyclables de Frontignan

Pour une pratique démocratique du vélo

Bel article dans le Monde de Sonia Lavadinho anthropologue et géographe suisse sur pratique démocratique du vélo et partage de l’espace.

A lire et à faire lire, notamment à nos décideurs publics,  qui traite du  vélo comme outil majeur d’apaisement de l’espace public et du vivre ensemble en ville.

Des vérités y sont rappelées comme celle qui fait du vélo l’outil de déplacement le plus adapté en période de pandémie, ou encore la vitesse des voitures en ville qui loin des 50 ou même 30 km/h est en réalité de 18 km/h en moyenne…

Cliquez pour lire l’article du Monde du 10 septembre 2020

Les propositions de la Roue libre de Thau pour le Pacte de transition écologique et solidaire du bassin de Thau

La Roue libre de Thau a fait des propositions concrètes dans le cadre du Pacte pour la transition écologique et solidaire du Bassin de Thau.

Les propositions de la Roue libre de Thau sont à lire ICI

Quelques exemples de propositions :

En matière de mobilité active (mesure 15 du Pacte) :

  1. Mettre en oeuvre un schéma directeur cyclable pour une ville traversable à vélo (par la réalisation d’itinéraires cyclables continus, aménagés et sécurisés, dotés d’une signalétique spécifique permettant la traversée de Sète et l’orientation des cyclistes).

  2. Mettre en oeuvre un plan marche donnant la priorité aux plus fragiles (PMR, enfants).

  3. Créer une maison du vélo du bassin de Thau (services, atelier, vélo-école, location…) animée par les associations.

En matière de  limitation de la place de la voiture en ville (mesure 16) :

  1. Mettre en oeuvre un coeur de ville sans moteur thermique (voiture, deux-roues motorisés) en développant des actions pédagogiques comme des journées hebdomadaires sans voiture.
  2. Limiter à 30 km/h la vitesse sur l’ensemble de la ville, mettre en place des zones de rencontre (zone 20 dans les quartiers résidentiels) et des zones de faible émission (y compris sonores).
  3. Mettre en oeuvre un plan de limitation des deux-roues motorisées (lutte contre les nuisances sonores et la dangerosité) au profit d’une politique de développement des deux-roues électriques.

En matière de de développement d’une logistique (mesure 17)

  1. Revoir le plan de circulation pour supprimer le trafic de transit. 
  2. Créer des plate-formes et aires de livraison en périphérie de ville avec une desserte par vélo-cargo ou petits véhicules électriques aux commerces de centre ville (halles, magasins de détail) pour les livraisons des derniers kilomètres. 

En matière de  recyclage des déchet (mesure 18) :

  1. Soutenir l’atelier participatif d’autoréparation de vélos qui par son action favorise la remise en circulation des vélos délaissés, la revalorisation des pièces détachées et le recyclage des matières premières. 

Double-sens cyclable : La Ville de Sète condamnée

Le tribunal administratif de Montpellier a annulé l’article 2 de l’arrêté municipal qui interdisait les double-sens cyclables dans la zone 30 du centre-ville et condamne la Ville de Sète à  respecter la loi, c’est à dire à mettre en double-sens cyclable l’ensemble de la zone 30. 

Le tribunal administratif condamne la ville à verser 250 euros à la Roue libre de Thau au titre de compensation du temps passé pour défendre le droit des cyclistes.  

Rappelons que l’arrêté du 18 décembre 2017 a été attaqué par la Roue libre de Thau car ne respectant pas la loi de 2008 instaurant le double-sens cyclable dans les zones 30. 

Dans son jugement du 30 juin 2020, le tribunal administratif a jugé insuffisantes les motivations avancées par la ville, considéré qu’elle avait fait une erreur manifeste d’appréciation et méconnu les articles du code de la route relatifs aux pouvoirs du maire ainsi que celui sur le double-sens dans les voies à 30 km/h.  

Une victoire pour l’association qui gagne ainsi en légitimité et en compétence juridique, les pouvoirs publics savent désormais qu’ils risquent une action en justice pour tout non-respect des droits des cyclistes. 

La Roue libre de Thau choisit de reverser la somme acquise à la Fédération des Usagers de la Bicyclette (FUB) qui l’a formée et accompagnée dans cette action juridique.  

Après le confinement… Une place nouvelle pour le vélo ?

Un très intéressant cahier du  CEREMA sur les aménagements cyclables provisoires. Introduction du cahier :

En France, les mesures de confinement ont entrainé une baisse inédite de tous les déplacements, et un recul sans précédent des véhicules motorisés sur la voirie, laissant la place à de nombreuses opportunités de rééquilibrage de l’espace public. Lors de la sortie du confinement, il est souhaitable que de nombreux français choisissent le vélo comme moyen de transport pour leurs trajets quotidiens.

Pour préparer l’espace public et améliorer les conditions sanitaires des cyclistes qui doivent se déplacer, le gouvernement a pris des mesures pour encourager la pratique du vélo par les Français avec le développement des pistes cyclables temporaires et le lancement d’un plan de 20 millions d’euros par le ministère de la Transition écologique et solidaire.

En France, il est possible de multiplier par quatre la pratique du vélo utilitaire, voire par huit grâce aux vélos à assistance électrique, et ce sans avoir besoin de bouleverser nos activités ni d’avoir la condition physique d’un coureur du Tour de France.

C’est une bonne nouvelle, car les atouts du déplacement à vélo sont certains :

  • le vélo est un mode de transport du quotidien permettant la distanciation physique nécessaire à la lutte contre le virus, si les aménagements cyclables sont suffisamment bien dimensionnés ;
  • le vélo est un mode de transport capacitaire, environ quatre à six fois plus que l’automobile à espace disponible équivalent, ce qui permettra d’absorber au mieux le report attendu depuis les transports collectifs ;
  • le vélo permet également de répondre à d’autres enjeux comme l’urgence climatique ou encore la sédentarité, la pollution locale, la congestion en milieu urbain.

Mais pour révéler ce potentiel cyclable, convaincre les automobilistes et usagers des transports collectifs de se mettre en selle a n de laisser l’usage de ces modes à ceux qui ne peuvent vraiment pas faire autrement, il faut créer les conditions les plus favorables possibles à l’usage du vélo.

Le CEREMA est un établissement public d’Etat qui intervient en conseil auprès des collectivités territoriales.

Les communes de l’agglomération du bassin de Thau seraient bien inspirées de faire appel à son expertise. Le courrier adressé au président de Sète agglopôle méditterranée allait dans ce sens… nous attendons toujours une mise en oeuvre de pistes et de parkings vélo provisoires.