Archives par mot-clé : aménagement

Zone 30 et double sens cyclable

En ce mois de décembre, les chaussées de la ville de Sète fleurissent de marquages 30 km/h ou Zone 30. Un belle occasion de rappeler que le double sens cyclable est depuis janvier 2016 la règle dans les rues à sens unique limitées à 30 km/h (qu’elles soient en zone 30 ou non).

A lire l’article sur ce sujet de la revue de la FUB (Vélocité n°143 de novembre-décembre 2017). Cliquez sur l’article pour l’agrandir.

Loi LAURE et rénovation des voiries à Sète

La Ville de Sète a décidé de consacrer plus de 10 millions d’euros du budget de la ville aux travaux et aménagements sur la période 2017 – 2018. Le programme de rénovation des voiries qui concerne une quinzaine de rues (dont la rue Gabriel Péri qui vient d’être achevée) représente un montant de 2,5 millions d’euros.

Depuis 1998, la Loi sur l’Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Énergie (dite loi LAURE) stipule qu’à l’occasion de toute rénovation de voirie des itinéraires cyclables pourvus d’aménagements spécifiques doivent être réalisés.

La Roue libre de Thau s’adresse au Maire de Sète afin que cette loi désormais intégrée dans le code de l’environnement soit appliquée pour les travaux de rénovation en cours.

Lire la lettre adressée au Maire

Le Midi Libre relaie l’enquête Baromètre cyclable

Le Midi Libre du jeudi 9 novembre consacre sa “une” à l’enquête de la FUB le Baromètre des villes cyclables et donne les  résultats intermédiaires sur le bassin de Thau.

En page 3, le Midi Libre s’interroge pour savoir si le Bassin de Thau est l’ami des cyclistes…

Le journal poursuit sur les suites de notre action Convergence Vic à vélo du 1er octobre :

Si vous ne l’avez déjà fait, dépêchez-vous de répondre à l’enquête nationale

 

Aménagements cyclables entre Vic et Mireval

Une réponse rapide du Département

La mobilisation pour la Convergence à Vic à vélo le 1er octobre dernier n’est pas restée sans lendemain ! Dès le 2 octobre en effet, le Département de l’Hérault publiait un communiqué de presse pour annoncer le traitement des discontinuités cyclables entre Vic-la-Gardiole et Villeneuve-lès-Maguelone.

Une rencontre en mairie de Frontignan

La Roue Libre de Thau a ensuite été contactée par le cabinet de Pierre Bouldoire, maire de Frontignan et premier vice-président du Conseil départemental de l’Hérault. Une rencontre des représentants de notre association et de Vélocité Montpellier s’est tenue le 19 octobre en mairie de Frontignan avec :

  • Pierre Bouldoire
  • Yves Jaumin, directeur de cabinet
  • Éric Meulin, responsable des aménagements cyclables au Conseil départemental
  • Frédéric Jauch, responsable de l’Agence technique départementale
  • Sylvain Menras, chargé d’opération (EuroVélo 8)

Sécurisation de la traversée de la RD114

Le franchissement de la route départementale 114 entre Vic-la-Gardiole et Mireval constitue le principal point noir, aussi bien pour la continuité des itinéraires cyclables longue distance que pour l’accessibilité de l’arrêt SNCF depuis Vic.

Deux solutions définitives sont depuis longtemps à l’étude pour sécuriser le carrefour 114/116.  Elles devraient être finalisées d’ici la fin de l’année 2018 avec la SNCF, en fonction du choix d’un passage sous ou sur le pont.

En attendant, un aménagement provisoire est en cours de réalisation : signalisation horizontale et verticale, bandes rugueuses, limitation de la vitesse à 70 km/h. Ces aménagements sont destinés à informer les automobilistes “qu’ils entrent sur un site partagé avec les cyclistes.”

À l’approche du pont, des bandes sonores au sol ont été réalisées, pour ralentir le flux routier.
Des damiers de peinture vertes signalent l’intersection des voies douces et des voies routières.
Deux bandes sont peintes sur chaque bord de la chaussée, représentant des pictogrammes de cyclistes.

Ces photos sont extraites de l’article de Thau Info que René Rispoli conclut par ce paragraphe : “Il faut espérer que ces aménagements provisoires, en attendant le franchissement de la route et de la voie ferrée en voie propre pour les vélos, apporteront une amélioration quant à la tranquillité et la sécurité des cyclistes, et des piétons.

La zone de rencontre

Le code de la route a évolué en faveur des piétons et des cyclistes

Depuis quelques années, le code de la route a connu de nombreuses évolutions, notamment pour améliorer la sécurité en ville et mieux protéger les plus fragiles : les piétons et les cyclistes. Pour de nombreuses personnes, ces règles n’existaient pas, ou ont évolué depuis qu’elles ont passé leur examen du code de la route.

C’est ce que nous rappelle le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA), en produisant une série de 9 brèves pédagogiques pour porter à la connaissance du grand public les évolutions majeures. Nous vous présentons ici la zone de rencontre et deux exemples à Frontignan et Sète.

La zone de rencontre

La zone de rencontre est un espace de circulation ouvert, partagé par tous les usagers. Les piétons y sont prioritaires et peuvent circuler librement partout, y compris sur la chaussée. La vitesse des véhicules est limitée à 20 km/h.

Pour les cyclistes, les rues sont en principe à double sens, mais cela doit être confirmé par la signalisation adaptée.

Bien qu’entrée dans le code de la route en 2008, la zone de rencontre est encore mal connue et des panneaux explicatifs détaillés sont parfois présents. Ils permettent de rappeler ces principes fondamentaux : la priorité des piétons, la possibilité de circuler dans les deux sens pour les cyclistes et la nécessité pour les automobilistes de laisser la priorité à ces deux catégories d’usagers.

Centre ancien de Frontignan

Afin de maintenir une desserte automobile tout en privilégiant la déambulation des piétons, touristes ou locaux, tout le centre ancien de la ville de Frontignan est aménagé en zone de rencontre.

Tout le centre ancien de Frontignan est une zone de rencontre, où les piétons sont prioritaires (en jaune sur le plan).

Chacun des accès à la zone de rencontre est signalé par le panneau B52 et le marquage au sol correspondant. Ils représentent trois pictogrammes : un piéton, un cycliste et un véhicule représentant la cohabitation des différents modes de déplacement, ainsi qu’un panneau de limitation de la vitesse à 20 km/h.

L’entrée dans la zone de rencontre est signalée par le panneau et le marquage au sol adaptés.

Devant les Halles de Sète

Les Halles de Sète sont un lieu où la concentration de commerces génère une forte présence piétonne. Un panneau de zone de rencontre est installé rue Gambetta, avant la rue Frédéric Mistral.

Requalification de la promenade Marty

Un autre projet phare

Le numéro 149 du magazine Sète.fr (octobre 2017) confirme qu’en plus du réaménagement de la Corniche de Neuburg, la requalification de la Promenade Jean-Baptiste Marty figure également parmi les priorités de la ville de Sète.

Ce projet vise à assurer une continuité urbaine entre la Promenade du Maréchal Leclerc et le cœur de ville, et passera par une mise en valeur de la promenade J.-B. Marty et du Quai de la Consigne.

Rappelons que la circulation s’effectue actuellement à sens unique, y compris pour les cyclistes, sur ces deux voies : sur le Quai de la Consigne de la Corniche vers le centre-ville, et sur la promenade J.-B. Marty située au niveau supérieur dans le sens inverse.

Carte du Quai de la Consigne

Ces deux axes (en rouge sur la carte ci-dessus) sont situés sur l’un des itinéraires cyclables jalonnés de la ville de Sète (en bleu sur la carte).

Quai de la Consigne

Le Quai de la Consigne bénéficie d’un aménagement  cyclable qui a précédemment été décrit et analysé. Le problème principal de cette voie tient à l’absence de trottoir d’un côté de la voie, et à la présence régulière d’obstacles de l’autre côté. En conséquence, les piétons occupent souvent la bande cyclable, et les cyclistes doivent se déporter dans la circulation générale.

Le Quai de la Consigne à Sète

Par ailleurs, le Quai de la Consigne est situé dans le prolongement intuitif de la piste cyclable du Quai du Général Durand pour les cyclistes allant du centre-ville vers la Corniche. L’itinéraire jalonné qui emprunte la Rue des Marins (très pentue) et traverse la Grand’rue Mario Roustan (très fréquentée) pour rejoindre la Promenade J.-B. Marty est souvent délaissé, et de nombreux cyclistes se retrouvent, parfois involontairement, sur le Quai de la Consigne.

Promenade J.-B. Marty

La Promenade Marty fait partie de ces rues de Sète dont l’étroitesse provoque un sentiment d’inconfort, voire d’insécurité, des cyclistes. Dans une rue étroite, si la largeur n’est pas suffisante pour doubler un cycliste en respectant la distance latérale de sécurité de 1 mètre, l’automobiliste doit normalement s’abstenir de le dépasser.

En pratique,  certains automobilistes ignorent ou contreviennent délibérément au respect de cette distance de sécurité et tentent des dépassements dangereux. D’autres usent de leur klaxon ou de leur pédale d’accélérateur pour effrayer les cyclistes et les inciter à serrer à droite les voitures en stationnement au risque de ne pouvoir éviter une portière qui s’ouvre ou un véhicule qui recule…

La Promenade JB Marty à Sète

Quels aménagements pour les cyclistes ?

La ville de Sète vient de lancer une étude pour ce projet d’aménagement. Pour faciliter la circulation des cyclistes et améliorer leur sécurité, plusieurs solutions peuvent être envisagées, comme le prévoit la loi LAURE :

  • piste cyclable
  • marquage au sol
  • couloir indépendant

Dans une rue très étroite, le concept de vélorue est intéressant : il consiste à mettre les cyclistes au centre de la chaussée (via un marquage au sol), à les rendre prioritaires et à interdire leur dépassement par les véhicules motorisés. Il pourrait s’appliquer à la Promenade Marty.

La mise en place d’un double-sens cyclable sur le Quai de la Consigne (comme figuré en pointillé vert sur la carte située au début de l’article) permettrait d’améliorer la continuité (ligne droite), la lisibilité (le long des quais) et l’accessibilité (pas de forte pente) de l’itinéraire jalonné dans le sens du centre-ville vers la Corniche.

La Roue Libre de Thau se tient à la disposition des aménageurs et de la ville de Sète pour apporter les avis et les recommandations des usagers du vélo au quotidien. L’association souhaite en effet que cet ambitieux projet de requalification débouche sur un itinéraire cyclable de qualité utilisable aussi bien par les cyclistes de tous les jours que par les cyclotouristes qui traversent et visitent la ville !

Restructuration de la Corniche de Neuburg

Un projet phare

Le numéro 149 du magazine Sète.fr (octobre 2017) confirme que le réaménagement de la Corniche de Neuburg, entre les places Édouard Herriot et Roger Thérond, figure parmi les priorités de la ville de Sète. L’installation d’une voie piétonne et cyclable y est notamment prévue !

Cette portion de 1,4 km est en effet le chaînon manquant du contournement sud de Sète par le littoral. Vers l’est, la belle piste cyclable de la Corniche mène  jusqu’au Théâtre de la Mer, le long de la Promenade du Maréchal Leclerc. À l’ouest, la voie verte du Lido située le long des plages permet de rallier Marseillan-plage, et au-delà le Canal du Midi…

Aménagement de la Corniche de Neuburg

Un itinéraire cyclable continu et sûr

La voie cyclable de la Corniche de Neuburg se situera donc dans le prolongement de celle de la Promenade du Maréchal Leclerc, et permettra aux cyclistes de rejoindre les quartiers des Quilles et de Villeroy, ainsi que les plages du Lido sur un itinéraire direct, continu et sécurisé depuis le Théâtre de la Mer.

L’aménagement de la Corniche de Neuburg viendra également doubler la piste cyclable du Boulevard Joliot-Curie qui prolonge l’itinéraire en direction du Rond-point de l’Europe et de la Piscine Fonquerne.

Un aménagement de qualité variable

La Roue Libre de Thau espère que le nouvel aménagement de la Corniche de Neuburg saura tirer profit des avantages des pistes cyclables réussies existantes, et ne pas reproduire les erreurs passées de concepteurs qui ne sont pas des usagers du vélo en ville !

Retour en 5 actes sur les points faibles et points forts de l’itinéraire cyclable existant entre le Théâtre de la Mer et le Rond-point de l’Europe !

1. Passage du Théâtre de la mer : trop étroit !

Trottoir partagé du Théâtre de la Mer à Sète

Le passage du Théâtre de la Mer a été réaménagé en juin 2015 pour permettre aux cyclistes de circuler en sécurité sur un trottoir bien trop étroit et à la surface irrégulière ! Cyclistes et piétons sont donc contraints de cohabiter sur une largeur insuffisante, sans marquage et sans séparation physique, alors que la visibilité est réduite en raison de la courbe.

Ce passage étroit représente une difficulté majeure à traiter sur l’axe entre le centre-ville et la Corniche. Cependant, la Roue Libre de Thau regrette que le choix ait été fait de mettre en conflit piétons (particulièrement enfants, poussettes, PMR) et cyclistes afin de favoriser la circulation des véhicules motorisés.

Un autre aménagement serait possible : laisser le trottoir aux piétons, et organiser le partage de la route entre vélos et véhicules motorisés. Ce partage nécessiterait la présence de dispositifs efficaces de réduction de la vitesse à 20 ou 30 km/h, et une signalisation visible rappelant le nécessaire respect des cyclistes, en particulier la distance latérale de 1 mètre lors de tout dépassement.

2. Promenade du Maréchal Leclerc : au top !

Piste cyclable de la Corniche à Sète

Cette piste constitue l’aménagement phare de Sète et devrait servir de modèle à tous les futurs aménagements. La largeur du trottoir est suffisante pour que piétons et cyclistes puissent cohabiter sans conflit, la séparation physique entre les 2 voies est bien présente et efficace, et le marquage vélo est très visible !

3. Conflits d’usage entre piétons et vélos : bof !

Piste cyclable Place Edouard Herriot à Sète

Au niveau de la Place Édouard Herriot, la largeur du trottoir est insuffisante pour permettre une cohabitation harmonieuse entre piétons et cyclistes. La séparation physique entre les 2 voies n’est pas suffisamment marquée. Devant les magasins, la largeur du trottoir est encore réduite par la présence de devantures, étalages, panneaux publicitaires, ou clients faisant la queue.

Un autre problème est la présence d’entrées carrossables (bateaux) trop pentues  qui génèrent un inconfort certain et un danger important pour les cyclistes !

4. Mauvais traitement des intersections : dommage !

Intersection de la piste cyclable Place Edouard Herriot à Sète

Place Édouard Herriot et Boulevard Joliot-Curie, la piste cyclable coupe de nombreuses rues perpendiculaires. Elle effectue même quelques virages et détours évitables ! La piste cyclable devrait bénéficier de la priorité du boulevard qu’elle longe au niveau de ces intersections, ce n’est pas le cas ! Un panneau stop ou cédez-le-passage ainsi que les lignes blanches associées devraient être situés sur les voies secondaires avant le franchissement de la voie cyclable.

Par ailleurs, dans le cas d’une piste cyclable sur trottoir, il importe d’être particulièrement vigilant à l’abaissement du trottoir au niveau des intersections afin d’éviter inconfort et danger aux cyclistes. Une autre solution est la réalisation d’une piste traversante, qui évite le problème du ressaut, marque le régime de priorité et assure le ralentissement des véhicules motorisés.

5. Problèmes de revêtement et de stationnement

Piste cyclable Boulevard Joliot-Curie à Sète

On a vu le conflit d’usage entre piétons et cyclistes généré par une largeur insuffisante du trottoir et l’absence de séparation physique. La différence de revêtement du sol est également en cause : les piétons préfèrent marcher sur une piste cyclable lisse que sur un trottoir granuleux et irrégulier !

Attention aussi au conflit d’usage avec les véhicules motorisés en stationnement gênant ou dangereux. La sensibilisation et la verbalisation de ces comportements, ainsi que l’augmentation des déplacements à vélo, doivent permettre de diminuer leur nombre.

Enfin, signalons le risque potentiel présenté par tout ce qui peut diminuer la visibilité (végétation haute, mobilier urbain) en particulier au niveau des intersections ou de réinsertions dans la circulation générale.

En résumé

Pour aménager une piste cyclable efficace, continue et sûre :

  • largeur suffisante pour les cyclistes et pour les piétons
  • séparation physique et marquage vélo
  • traitement des intersections (priorités et abaissements)
  • pas de détours inutiles
  • respect de l’aménagement
  • attention aux détails

La Roue Libre de Thau se tient à la disposition des aménageurs et de la ville de Sète pour apporter les recommandations d’usagers du vélo au quotidien, et faire en sorte que ce projet de 4 millions € débouche réellement sur un itinéraire cyclable utile aussi bien aux cyclistes de tous les jours qu’au cyclotouristes qui traversent la ville !

Grands travaux

Parmi les autres travaux évoqués par le magazine Sète.fr, citons la Promenade Jean-Baptiste Marty et le Quai de la Consigne, qui ont déjà été évoqués ici et .

Le grand programme de rénovation débuté à Sète en octobre 2016 se poursuit sur une quinzaine de rues. L’occasion de rappeler cet article du Code de l’Environnement  : « A l’occasion des rénovations des voies urbaines, doivent être mis au point des itinéraires cyclables pourvus d’aménagements sous forme de pistes, marquages au sol ou couloirs indépendants. »



Cette vidéo du site Balades autour de l’étang de Thau montre la traversée de la ville de Sète en empruntant entre autres la piste cyclable du Boulevard Joliot-Curie et de la Promenade du Maréchal Leclerc, le passage du Théâtre de la Mer et le Quai de la Consigne.

Attention ! Nous rappelons qu’en l’absence de signalisation spécifique, la circulation à vélo est interdite sur les trottoirs (sauf si vous avez moins de 8 ans).

La vélorue, ou comment rendre cyclable une rue étroite

La première vélorue de France est à Strasbourg !

La ville de Strasbourg vient d’inaugurer en grande pompe ce qui a été décrit comme la première vélorue de France. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

La rue de la Division Leclerc est une rue étroite et à sens unique. Des bandes cyclables existent, mais elles ont été tracées sur les trottoirs et sont donc source de conflit avec les piétons.

Il a donc été décidé de remettre les cyclistes au centre de la chaussée, de les rendre prioritaires et d’interdire leur dépassement par les véhicules motorisés. Les automobilistes devront donc ralentir sur ce segment d’environ 300 mètres de long, ce qui contribue à la sécurité de tous.

La première vélorue de France à Strasbourg. Les cyclistes sont clairement invités à prendre leur place !

Quelle différence avec une rue étroite ?

En théorie, rien ne justifie le statut de vélorue. Dans une rue étroite en effet, si la largeur n’est pas suffisante pour doubler un cycliste en respectant la distance latérale de sécurité de 1 mètre, l’automobiliste doit s’abstenir de le dépasser.

Mais en pratique les cyclistes constatent tous les jours que nombre d’automobilistes ignorent ou contreviennent délibérément au respect de cette distance de sécurité et tentent des dépassements dangereux. D’autres usent de leur klaxon ou de leur pédale d’accélérateur pour effrayer les cyclistes et les inciter à serrer à droite au risque de heurter un trottoir ou de ne pouvoir éviter une portière qui s’ouvre…

Les avantage de la vélorue

La vélorue, dont le concept existe dans des pays comme les Pays-Bas et le Danemark où la pratique du vélo est courante, a le mérite de rendre visible la priorité des cyclistes et de permettre un changement de comportement des automobilistes.

Sur la chaussée, des logos de cycliste accompagnés de chevrons blancs sont peints au milieu pour inviter les usagers de la bicyclette à prendre leur place.

Un panneau spécifique invite les automobilistes à rester derrière les cyclistes, à réduire leur vitesse et à attendre la fin du segment concerné pour pouvoir dépasser.

Panneau temporaire expliquant le concept de la vélorue.

Dans les premiers jours, des panneaux explicatifs temporaires peuvent également être mis en place, et des distributions de tracts peuvent être envisagées.

Des vélorues à Sète ?

Une des spécificités de Sète est l’étroitesse de nombreuses rues du centre-ville, rues dans lesquelles les cyclistes éprouvent un sentiment d’inconfort voire d’insécurité. C’est le cas par exemple de la rue Mario Roustan et de la promenade J.B. Marty, ou encore des quais Adolphe Merle et Docteur Scheydt pourtant récemment réaménagés.

Sur le Quai Adolphe Merle, il n’y a clairement pas la place de dépasser un cyliste en respectant la distance latérale de sécurité de 1 mètre…

Dans ces rues du centre-ville où la vitesse devrait partout être limitée à 30 km/h, la création de vélorues pourrait être une solution efficace. Rapide et peu coûteuse, la mise en place se limite en effet à la peinture d’une signalisation horizontale adaptée et à la pose des panneaux.

En laissant les cyclistes sur la chaussée, la vélorue laisse les trottoirs déjà étroits et encombrés aux piétons. Le changement principal nécessaire est celui du comportement des automobilistes qui doivent apprendre à partager la rue avec les usagers plus fragiles et plus lents que sont les cyclistes.

Mais ralentir à 15-20 km/h au lieu des 30 réglementaires (ou qui devraient l’être) sur une distance de quelques centaines de mètres au maximum n’entraîne finalement un allongement des trajets que de quelques secondes.

Et la diminution de la vitesse générale a un effet positif sur la sécurité de tous : piétons, cyclistes, mais aussi automobilistes et conducteurs de deux-roues motorisés.

Enfin, cet apaisement de la circulation est la première étape d’un cycle vertueux : rassurés, les usagers ont plus nombreux à prendre leur vélo et à laisser leur voiture au garage, la circulation motorisée diminue, le bruit, la pollution et les risques aussi…

Signalisation sur le Quai des Moulins

La continuité et le jalonnement sont deux des éléments qui font la qualité d’un véritable itinéraire cyclable. Ils sont trop souvent absents des aménagements existants à Sète et plus généralement dans le Bassin de Thau.

Quelques aménagements cyclables réussis existent, en particulier de belles voies vertes. Mais trop souvent ces aménagements ne sont pas reliés entre eux, obligeant les cyclistes à retourner dans la circulation générale ce qui est problématique en particulier pour les enfants ou les cyclistes peu expérimentés.

Quant au jalonnement des itinéraires, il est indispensable pour permettre le repérage et l’orientation des cyclistes sur un itinéraire.

Le cas du Quai des Moulins

À ce titre, la signalisation du Quai des Moulins  pose problème à de nombreux cyclistes. Un panneau indique bien l’itinéraire en direction de Frontignan pour les vélos et les piétons, mais sans reprendre la couleur verte généralement adoptée pour le jalonnement des itinéraires cyclables.

La signalisation de l’itinéraire cyclable vers Frontignan est plutôt discrète…

Mais 200 mètres plus loin, des panneaux indiquent la fin de la piste cyclable obligatoire (à ne pas confondre avec une interdiction aux cyclistes !) ainsi qu’une voie sans issue ! Difficile de savoir que l’itinéraire cyclable vers Frontignan continue bien le long du quai…

Il semble donc nécessaire de préciser que le Quai des Moulins n’est pas une impasse pour les piétons et les cyclistes, au moyen du panneau adapté. Un rappel de jalonnement de l’itinéraire cyclable en direction de Frontignan serait également le bienvenu sur cette portion de ViaRhôna et de la Méditerranée à vélo, deux véloroutes fréquentées par de nombreux cyclotouristes.