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Une piste cyclable pour contourner Sète, à quel prix ?

La Ville de Sète a entrepris la réalisation d’une “voie verte Nord” entre le secteur de la Plagette et le Pont Levis. En réalité, il s’agit plutôt d’une piste cyclable (voir la définition d’une voie verte) destinée à relier le centre-ville aux plages. Cette piste longera la voie ferrée sur sa partie sud. 

Les travaux en cours se sont notamment traduits par l’abattage de 120 cyprès situés dans l’enceinte du cimetière Le Py suscitant une émotion légitime  à l’heure où la lutte contre le réchauffement climatique impose  une politique de végétalisation et de création d’ilots de fraicheur dans les zones urbaines.

L’accès à cette future piste cyclable par la rue des Canaris a donné lieu à un tracé pour le moins baroque, véritable gymkhana entre trottoirs et passages piétons, amenant  directement les cyclistes sur des véhicules en stationnement. Il est vrai que les riverains pétitionnaires ont été entendus par la Ville qui a renoncé au tracé initial qui se serait traduit par la suppression de  quelques places de stationnement sur chaussée.

Le projet se révèle également fort coûteux puisqu’il passe  par l’acquisition d’un pavillon au 42 rue des Capucines (coût 360 000 euros) destiné à être démoli pour  permettre de relier la rue Toussaint Mazel  et l’achat de deux  parcelles (coût 30 920 euros) voté lors du conseil municipal du 27 juin 2022 (points 42 et 43 en toute fin de document).

Le projet  remonte à 2019. A cette époque, la Roue libre de Thau était encore invitée à des réunions de travail avec la ville et une présentation avait été faite des projets cyclables (voir la présentation d’avril 2019).

A l’époque, nous avions exprimé le souhait que la rue des Loriots soit aménagée pour faciliter la circulation des vélos. Cette voie limitée à 30 km/h est fréquemment empruntée par les cyclistes, malheureusement, elle sert également d’itinéraire de délestage lorsque les boulevards Verdun – Blanc sont saturés.  Aussi, les voitures sont loin de respecter le 30 km/h et les automobilistes ont tendance au contraire à accélérer entre les quelques dos d’âne et panneaux “stop” censés les ralentir.

Certes l’aménagement de la rue des Loriots signifierait de la placer en sens unique pour rendre la circulation uniquement résidentielle et non de transit, certes cela demanderait de supprimer toutes les places de stationnement sur chaussée… Autant d’atteintes graves et irrémédiables à la “liberté” des automobilistes que ne saurait accepter la municipalité.

Pourtant, l’espace ainsi libéré permettrait à un coût dérisoire la création d’une piste bidirectionnelle qui aurait également le mérite d’être immédiatement accessible par les habitants de l’ile de Thau.  Le développement du vélo dans les quartiers en politique de la ville est une priorité pour aider à leur désenclavement. Sans compter les bienfaits pour la santé et la vie en ville du recours au vélo comme moyen de déplacement au quotidien.

Le projet de piste cyclable répond à la volonté de la Mairie de pouvoir faire le tour de Sète à vélo. Loin de bouder notre plaisir devant le développement de voies cyclables, la Roue libre de Thau milite pour une ville entièrement cyclable c’est à dire un partage de la voirie par l’ensemble des usagers.

Les différents modes (marche, vélo, voiture) doivent cohabiter et se partager l’espace public ce qui signifie une limitation volontariste et drastique de la place accordée à la voiture et aux deux roues motorisés pour permettre aux modes doux de s’installer sur l’ensemble de la ville et non sur quelques espaces réservés.

190 km de pistes cyclables à Sète…le scoop de 2022 !

Au cours de l’émission de France Inter, la Tête au Carré à écouter ICI, le Maire de Sète a affirmé que la Ville avait créé 190 km de pistes cyclables… pour tenter de se justifier face au contre-sens écologique  du  projet de parking sous la place Aristide Briand.

Où peuvent bien se nicher ces 190 km de pistes cyclables, alors que la plus longue piste sètoise “la voie verte du Lido” depuis la corniche de Neuburg à Marseillan Plage ne représente que 14 km ?

Même en comptant l’ensemble des pistes de l’agglomération, on ne voit pas comment M. Commeinhes arrive à ce chiffre. Le tour complet de l’étang de Thau représente moins de 60 km et il n’est pas entièrement traité en piste cyclable (notamment entre Mèze et Marseillan).

De surcroît, l’essentiel de ces pistes cyclables de l’agglomération ont été financées par le Département de l’Hérault et non pas les communes.  A titre d’exemple, la piste cyclable du Lido à Sète  a été financée par l’Europe (35 %),  la Région (15 %) le Département (15 %), l’agglomération (22 %) et l’Etat (13 %), la ville de Sète qui n’a guère contribué à son financement ne peut la revendiquer.

Des vessies pour des lanternes” dit le bon sens populaire, des parkings pour des pistes cyclables… répond en écho le Maire de Sète. L’actuelle équipe municipale affirme vouloir “développer les modes doux”, c’est sans doute pour cela qu’elle  dépense sans compter dans la rénovation des parkings  du canal et des Halles, dans la création du parking souterrain de la place Stalingrad… (tristement vide et prenant l’eau dans son second niveau toujours fermé) et envisage de construire un parking place Aristide Briand et ensuite à la Consigne… 

Une ville apaisée, c’est avant tout une ville sans voiture et donc sans incitation à les faire entrer en ville comme le sont les parkings projetés.