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La zone de rencontre

Le code de la route a évolué en faveur des piétons et des cyclistes

Depuis quelques années, le code de la route a connu de nombreuses évolutions, notamment pour améliorer la sécurité en ville et mieux protéger les plus fragiles : les piétons et les cyclistes. Pour de nombreuses personnes, ces règles n’existaient pas, ou ont évolué depuis qu’elles ont passé leur examen du code de la route.

C’est ce que nous rappelle le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA), en produisant une série de 9 brèves pédagogiques pour porter à la connaissance du grand public les évolutions majeures. Nous vous présentons ici la zone de rencontre et deux exemples à Frontignan et Sète.

La zone de rencontre

La zone de rencontre est un espace de circulation ouvert, partagé par tous les usagers. Les piétons y sont prioritaires et peuvent circuler librement partout, y compris sur la chaussée. La vitesse des véhicules est limitée à 20 km/h.

Pour les cyclistes, les rues sont en principe à double sens, mais cela doit être confirmé par la signalisation adaptée.

Bien qu’entrée dans le code de la route en 2008, la zone de rencontre est encore mal connue et des panneaux explicatifs détaillés sont parfois présents. Ils permettent de rappeler ces principes fondamentaux : la priorité des piétons, la possibilité de circuler dans les deux sens pour les cyclistes et la nécessité pour les automobilistes de laisser la priorité à ces deux catégories d’usagers.

Centre ancien de Frontignan

Afin de maintenir une desserte automobile tout en privilégiant la déambulation des piétons, touristes ou locaux, tout le centre ancien de la ville de Frontignan est aménagé en zone de rencontre.

Tout le centre ancien de Frontignan est une zone de rencontre, où les piétons sont prioritaires (en jaune sur le plan).

Chacun des accès à la zone de rencontre est signalé par le panneau B52 et le marquage au sol correspondant. Ils représentent trois pictogrammes : un piéton, un cycliste et un véhicule représentant la cohabitation des différents modes de déplacement, ainsi qu’un panneau de limitation de la vitesse à 20 km/h.

L’entrée dans la zone de rencontre est signalée par le panneau et le marquage au sol adaptés.

Devant les Halles de Sète

Les Halles de Sète sont un lieu où la concentration de commerces génère une forte présence piétonne. Un panneau de zone de rencontre est installé rue Gambetta, avant la rue Frédéric Mistral.

Bouchons derrière les vélos à Sète : les cyclistes inquiets

Un article du Midi Libre intitulé « Bouchons derrière les bus à Sète : les chauffeurs inquiets » a inspiré ce pastiche à notre envoyé spécial dans les rues de Sète, pour parler d’un réel problème : le sentiment d’insécurité des cyclistes dans les rues étroites. Que ce soit avec les bus ou les cyclistes, le problème réside peut-être dans le comportement de certains automobilistes  qui ne supportent pas de devoir partager la voirie et d’avoir à ralentir pour laisser un peu de place à des moyens de déplacement plus adaptés à la ville…


Les cyclistes se plaignent de violences verbales répétées

« On n’est pas en été, alors qu’est-ce que ça va être en période estivale, alors que, déjà, le bouchon s’étend jusqu’au Poisson Fa ! » Ce cri du cœur d’un cycliste montre bien le désarroi des utilisateurs de deux-roues non motorisés devant le nouveau profil des quais Adolphe Merle et Docteur Scheydt.

Pour favoriser la circulation piétonne, un espace dédié a été créé en bord de quai. La chaussée a donc été rétrécie et les cyclistes circulent presque au milieu pour éviter les risques liés aux ouvertures de portières des voitures stationnées en créneau sur le côté droit. Ce qui crée des ralentissements « à chaque passage de cycliste. On a beau dire que la limitation à 30 km/h de la vitesse sur ces voies est de nature à favoriser la cohabitation des voitures et des vélos, elle est rarement respectée… »

Il n’y a plus de place pour laisser passer les cyclistes avec le nouvel aménagement du Quai Adolphe Merle à Sète.

« Les violences verbales y sont plus nombreuses »

Depuis que les quais, nouvelle version, sont en service, les cyclistes vivent avec « une pression supplémentaire. Ça klaxonne derrière. Il y a même des automobilistes qui accélèrent avec leur véhicule pour forcer le passage. Les violences verbales y sont plus nombreuses. »
Ces deux quais sont pourtant particulièrement importants pour les cyclistes, car ils permettent de rejoindre la gare ou la Plagette depuis le centre-ville. « On pourrait passer ailleurs si la ville aménageait des double-sens cyclables, mais il n’y en a pas ! »

Des courriers envoyé à la mairie

Pourtant, les cyclistes avaient, en quelque sorte, donné un coup de sonnette début décembre en effectuant une reconnaissance des travaux en cours. Certains ont envoyé, en décembre et en janvier, des courriers à la mairie pour signaler l’absence d’aménagements cyclables, en violation du Code de l’Environnement qui les impose lors d’une rénovation de la voirie. Aucune réponse vraiment convaincante n’a été reçue.

En attendant, les cyclistes regrettent que le nouveau profil des quais n’ait pas fait l’objet d’une concertation avec l’association la Roue Libre de Thau. « En se basant sur notre expérience, ils auraient pu légèrement modifier certains tracés, explique un autre adepte du vélo. Par exemple, le stationnement en épi à gauche prend beaucoup de largeur.

En le transformant en stationnement en créneau, cela permettrait de contenter tout le monde. On nous répond qu’il n’est pas possible de réduire la place de la voiture en ville  (Il semble toutefois que d’autres villes ont tenté avec succès l’expérience, NDLR). Ou alors l’autre solution serait d’installer des ralentisseurs ou des radars, des panneaux rappelant que la chaussée est partagée et que les automobilistes doivent respecter une distance latérale de sécurité de 1 mètre pour doubler un cycliste en ville. Mais dans tous les cas, on ne nous a pas consultés. » Et ce cycliste de conclure, avec humour, « on attend avec « impatience » la poursuite des grands travaux à Sète… »

Timothée ANCEL


Quelques points de réglementation

L’article R414-4 du Code de la Route prévoit une distance latérale minimale de 1,5 m à respecter lors du dépassement d’un cycliste. En agglomération cette distance est réduite à 1 m. Le non-respect de cette obligation est sanctionné d’une amende de 135 € et d’un retrait de 3 points.

L’article R417-7 du Code de la Route prévoit une obligation de prudence à l’ouverture des portières. Son non-respect est sanctionné d’une amende de 11 €.

Il existe des panneaux invitant au partage de la chaussée entre cyclistes et automobilistes. La différence de culture cyclable entre les Pays-Bas, pays très en avance dans la promotion du vélo, et la France est très visible. Alors que le panneau néerlandais invite clairement les automobilistes à rester derrière un cycliste sans tenter de le doubler, le panneau français semble inviter le cycliste à serrer à droite et inciter l’automobiliste à doubler en le frôlant…

 

 

Grands travaux à Sète, quelle place pour les vélos ?

Depuis la rentrée 2016, la ville de Sète mène une grande campagne de travaux dans les rues de la ville. Parallèlement, une grande campagne de communication et d’affichage nous apprend que ces travaux incluent la rénovation de 20 rues et la réfection de plus de 22.000 mètres carrés de voies et chaussées. Le boulevard Casanova, le pont Virla, les quais Noël Guignon, Adolphe Merle, Pavois d’or et Dr Scheydt sont concernés dès l’automne 2016.

L’article 20 de la Loi sur l’Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Énergie (loi LAURE, datant de 1997), devenu article L228-2 du Code de l’Environnement, stipule que : « À l’occasion des réalisations ou des rénovations des voies urbaines, à l’exception des autoroutes et voies rapides, doivent être mis au point des itinéraires cyclables pourvus d’aménagements sous forme de pistes, marquages au sol ou couloirs indépendants, en fonction des besoins et contraintes de la circulation. »

Les cyclistes sétois, en droit d’attendre, conformément à la loi, la réalisation d’itinéraires cyclables à l’occasion de ces travaux ont découvert lors de la balade du 4 décembre dans les rues de Sète que rien ne semble avoir été prévu pour eux. La Roue Libre de Thau a donc fait part à la Ville de son étonnement devant ces réalisations en contradiction avec l’engagement annoncé en faveur du vélo et la réduction de 20% des émissions de CO2, et contrevenant au Code de l’Environnement.

Vélo de nuit : le bon équipement

Le passage à l’heure d’hiver a lieu ce week-end : il permettra à tous de profiter d’une heure de plus dans la nuit de samedi à dimanche, mais le soleil va désormais se coucher vers 17h30 à Sète (et même avant 17h00 au solstice d’hiver).

Les trajets à la sortie de l’école ou du travail vont maintenant s’effectuer de nuit, et cette diminution de la visibilité n’est pas sans conséquences sur les routes. Le mois de novembre voit chaque année augmenter les accidents dans la tranche de 17 à 19 heures, et ce sont les piétons et les cyclistes qui en sont les premières victimes.

En plus d’une vigilance accrue, il importe donc d’être visible des autres usagers de la route en portant des vêtements clairs et en ayant un vélo bien éclairé . Comme le rappelle la FUB : à vélo, voir et être vu, c’est vital !

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Illustration de l’Association Droit Au Vélo

De nuit (ou de jour par mauvaise visibilité, ou dans un tunnel), l’équipement obligatoire à vélo comporte :

  • un phare + un réflecteur à l’avant (blanc ou jaune)
  • un phare + un réflecteur à l’arrière (rouge)
  • des réflecteurs latéraux (orange)
  • des réflecteurs sur les pédales
  • un gilet fluo rétro-réfléchissant, uniquement hors agglomération

L’absence d’équipement peut vous valoir une amende de 1ère classe (11 €), ou de 2ème classe (35€) pour l’absence de gilet fluo hors agglomération.

Enfin, rien ne vous empêche de compléter l’équipement obligatoire par d’autres accessoires lumineux ou réfléchissants : brassards, vêtements, écarteur de danger…

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