Archives de catégorie : Aménagements cyclables

La zone de rencontre

Le code de la route a évolué en faveur des piétons et des cyclistes

Depuis quelques années, le code de la route a connu de nombreuses évolutions, notamment pour améliorer la sécurité en ville et mieux protéger les plus fragiles : les piétons et les cyclistes. Pour de nombreuses personnes, ces règles n’existaient pas, ou ont évolué depuis qu’elles ont passé leur examen du code de la route.

C’est ce que nous rappelle le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA), en produisant une série de 9 brèves pédagogiques pour porter à la connaissance du grand public les évolutions majeures. Nous vous présentons ici la zone de rencontre et deux exemples à Frontignan et Sète.

La zone de rencontre

La zone de rencontre est un espace de circulation ouvert, partagé par tous les usagers. Les piétons y sont prioritaires et peuvent circuler librement partout, y compris sur la chaussée. La vitesse des véhicules est limitée à 20 km/h.

Pour les cyclistes, les rues sont en principe à double sens, mais cela doit être confirmé par la signalisation adaptée.

Bien qu’entrée dans le code de la route en 2008, la zone de rencontre est encore mal connue et des panneaux explicatifs détaillés sont parfois présents. Ils permettent de rappeler ces principes fondamentaux : la priorité des piétons, la possibilité de circuler dans les deux sens pour les cyclistes et la nécessité pour les automobilistes de laisser la priorité à ces deux catégories d’usagers.

Centre ancien de Frontignan

Afin de maintenir une desserte automobile tout en privilégiant la déambulation des piétons, touristes ou locaux, tout le centre ancien de la ville de Frontignan est aménagé en zone de rencontre.

Tout le centre ancien de Frontignan est une zone de rencontre, où les piétons sont prioritaires (en jaune sur le plan).

Chacun des accès à la zone de rencontre est signalé par le panneau B52 et le marquage au sol correspondant. Ils représentent trois pictogrammes : un piéton, un cycliste et un véhicule représentant la cohabitation des différents modes de déplacement, ainsi qu’un panneau de limitation de la vitesse à 20 km/h.

L’entrée dans la zone de rencontre est signalée par le panneau et le marquage au sol adaptés.

Devant les Halles de Sète

Les Halles de Sète sont un lieu où la concentration de commerces génère une forte présence piétonne. Un panneau de zone de rencontre est installé rue Gambetta, avant la rue Frédéric Mistral.

Requalification de la promenade Marty

Un autre projet phare

Le numéro 149 du magazine Sète.fr (octobre 2017) confirme qu’en plus du réaménagement de la Corniche de Neuburg, la requalification de la Promenade Jean-Baptiste Marty figure également parmi les priorités de la ville de Sète.

Ce projet vise à assurer une continuité urbaine entre la Promenade du Maréchal Leclerc et le cœur de ville, et passera par une mise en valeur de la promenade J.-B. Marty et du Quai de la Consigne.

Rappelons que la circulation s’effectue actuellement à sens unique, y compris pour les cyclistes, sur ces deux voies : sur le Quai de la Consigne de la Corniche vers le centre-ville, et sur la promenade J.-B. Marty située au niveau supérieur dans le sens inverse.

Carte du Quai de la Consigne

Ces deux axes (en rouge sur la carte ci-dessus) sont situés sur l’un des itinéraires cyclables jalonnés de la ville de Sète (en bleu sur la carte).

Quai de la Consigne

Le Quai de la Consigne bénéficie d’un aménagement  cyclable qui a précédemment été décrit et analysé. Le problème principal de cette voie tient à l’absence de trottoir d’un côté de la voie, et à la présence régulière d’obstacles de l’autre côté. En conséquence, les piétons occupent souvent la bande cyclable, et les cyclistes doivent se déporter dans la circulation générale.

Le Quai de la Consigne à Sète

Par ailleurs, le Quai de la Consigne est situé dans le prolongement intuitif de la piste cyclable du Quai du Général Durand pour les cyclistes allant du centre-ville vers la Corniche. L’itinéraire jalonné qui emprunte la Rue des Marins (très pentue) et traverse la Grand’rue Mario Roustan (très fréquentée) pour rejoindre la Promenade J.-B. Marty est souvent délaissé, et de nombreux cyclistes se retrouvent, parfois involontairement, sur le Quai de la Consigne.

Promenade J.-B. Marty

La Promenade Marty fait partie de ces rues de Sète dont l’étroitesse provoque un sentiment d’inconfort, voire d’insécurité, des cyclistes. Dans une rue étroite, si la largeur n’est pas suffisante pour doubler un cycliste en respectant la distance latérale de sécurité de 1 mètre, l’automobiliste doit normalement s’abstenir de le dépasser.

En pratique,  certains automobilistes ignorent ou contreviennent délibérément au respect de cette distance de sécurité et tentent des dépassements dangereux. D’autres usent de leur klaxon ou de leur pédale d’accélérateur pour effrayer les cyclistes et les inciter à serrer à droite les voitures en stationnement au risque de ne pouvoir éviter une portière qui s’ouvre ou un véhicule qui recule…

La Promenade JB Marty à Sète

Quels aménagements pour les cyclistes ?

La ville de Sète vient de lancer une étude pour ce projet d’aménagement. Pour faciliter la circulation des cyclistes et améliorer leur sécurité, plusieurs solutions peuvent être envisagées, comme le prévoit la loi LAURE :

  • piste cyclable
  • marquage au sol
  • couloir indépendant

Dans une rue très étroite, le concept de vélorue est intéressant : il consiste à mettre les cyclistes au centre de la chaussée (via un marquage au sol), à les rendre prioritaires et à interdire leur dépassement par les véhicules motorisés. Il pourrait s’appliquer à la Promenade Marty.

La mise en place d’un double-sens cyclable sur le Quai de la Consigne (comme figuré en pointillé vert sur la carte située au début de l’article) permettrait d’améliorer la continuité (ligne droite), la lisibilité (le long des quais) et l’accessibilité (pas de forte pente) de l’itinéraire jalonné dans le sens du centre-ville vers la Corniche.

La Roue Libre de Thau se tient à la disposition des aménageurs et de la ville de Sète pour apporter les avis et les recommandations des usagers du vélo au quotidien. L’association souhaite en effet que cet ambitieux projet de requalification débouche sur un itinéraire cyclable de qualité utilisable aussi bien par les cyclistes de tous les jours que par les cyclotouristes qui traversent et visitent la ville !

Restructuration de la Corniche de Neuburg

Un projet phare

Le numéro 149 du magazine Sète.fr (octobre 2017) confirme que le réaménagement de la Corniche de Neuburg, entre les places Édouard Herriot et Roger Thérond, figure parmi les priorités de la ville de Sète. L’installation d’une voie piétonne et cyclable y est notamment prévue !

Cette portion de 1,4 km est en effet le chaînon manquant du contournement sud de Sète par le littoral. Vers l’est, la belle piste cyclable de la Corniche mène  jusqu’au Théâtre de la Mer, le long de la Promenade du Maréchal Leclerc. À l’ouest, la voie verte du Lido située le long des plages permet de rallier Marseillan-plage, et au-delà le Canal du Midi…

Aménagement de la Corniche de Neuburg

Un itinéraire cyclable continu et sûr

La voie cyclable de la Corniche de Neuburg se situera donc dans le prolongement de celle de la Promenade du Maréchal Leclerc, et permettra aux cyclistes de rejoindre les quartiers des Quilles et de Villeroy, ainsi que les plages du Lido sur un itinéraire direct, continu et sécurisé depuis le Théâtre de la Mer.

L’aménagement de la Corniche de Neuburg viendra également doubler la piste cyclable du Boulevard Joliot-Curie qui prolonge l’itinéraire en direction du Rond-point de l’Europe et de la Piscine Fonquerne.

Un aménagement de qualité variable

La Roue Libre de Thau espère que le nouvel aménagement de la Corniche de Neuburg saura tirer profit des avantages des pistes cyclables réussies existantes, et ne pas reproduire les erreurs passées de concepteurs qui ne sont pas des usagers du vélo en ville !

Retour en 5 actes sur les points faibles et points forts de l’itinéraire cyclable existant entre le Théâtre de la Mer et le Rond-point de l’Europe !

1. Passage du Théâtre de la mer : trop étroit !

Trottoir partagé du Théâtre de la Mer à Sète

Le passage du Théâtre de la Mer a été réaménagé en juin 2015 pour permettre aux cyclistes de circuler en sécurité sur un trottoir bien trop étroit et à la surface irrégulière ! Cyclistes et piétons sont donc contraints de cohabiter sur une largeur insuffisante, sans marquage et sans séparation physique, alors que la visibilité est réduite en raison de la courbe.

Ce passage étroit représente une difficulté majeure à traiter sur l’axe entre le centre-ville et la Corniche. Cependant, la Roue Libre de Thau regrette que le choix ait été fait de mettre en conflit piétons (particulièrement enfants, poussettes, PMR) et cyclistes afin de favoriser la circulation des véhicules motorisés.

Un autre aménagement serait possible : laisser le trottoir aux piétons, et organiser le partage de la route entre vélos et véhicules motorisés. Ce partage nécessiterait la présence de dispositifs efficaces de réduction de la vitesse à 20 ou 30 km/h, et une signalisation visible rappelant le nécessaire respect des cyclistes, en particulier la distance latérale de 1 mètre lors de tout dépassement.

2. Promenade du Maréchal Leclerc : au top !

Piste cyclable de la Corniche à Sète

Cette piste constitue l’aménagement phare de Sète et devrait servir de modèle à tous les futurs aménagements. La largeur du trottoir est suffisante pour que piétons et cyclistes puissent cohabiter sans conflit, la séparation physique entre les 2 voies est bien présente et efficace, et le marquage vélo est très visible !

3. Conflits d’usage entre piétons et vélos : bof !

Piste cyclable Place Edouard Herriot à Sète

Au niveau de la Place Édouard Herriot, la largeur du trottoir est insuffisante pour permettre une cohabitation harmonieuse entre piétons et cyclistes. La séparation physique entre les 2 voies n’est pas suffisamment marquée. Devant les magasins, la largeur du trottoir est encore réduite par la présence de devantures, étalages, panneaux publicitaires, ou clients faisant la queue.

Un autre problème est la présence d’entrées carrossables (bateaux) trop pentues  qui génèrent un inconfort certain et un danger important pour les cyclistes !

4. Mauvais traitement des intersections : dommage !

Intersection de la piste cyclable Place Edouard Herriot à Sète

Place Édouard Herriot et Boulevard Joliot-Curie, la piste cyclable coupe de nombreuses rues perpendiculaires. Elle effectue même quelques virages et détours évitables ! La piste cyclable devrait bénéficier de la priorité du boulevard qu’elle longe au niveau de ces intersections, ce n’est pas le cas ! Un panneau stop ou cédez-le-passage ainsi que les lignes blanches associées devraient être situés sur les voies secondaires avant le franchissement de la voie cyclable.

Par ailleurs, dans le cas d’une piste cyclable sur trottoir, il importe d’être particulièrement vigilant à l’abaissement du trottoir au niveau des intersections afin d’éviter inconfort et danger aux cyclistes. Une autre solution est la réalisation d’une piste traversante, qui évite le problème du ressaut, marque le régime de priorité et assure le ralentissement des véhicules motorisés.

5. Problèmes de revêtement et de stationnement

Piste cyclable Boulevard Joliot-Curie à Sète

On a vu le conflit d’usage entre piétons et cyclistes généré par une largeur insuffisante du trottoir et l’absence de séparation physique. La différence de revêtement du sol est également en cause : les piétons préfèrent marcher sur une piste cyclable lisse que sur un trottoir granuleux et irrégulier !

Attention aussi au conflit d’usage avec les véhicules motorisés en stationnement gênant ou dangereux. La sensibilisation et la verbalisation de ces comportements, ainsi que l’augmentation des déplacements à vélo, doivent permettre de diminuer leur nombre.

Enfin, signalons le risque potentiel présenté par tout ce qui peut diminuer la visibilité (végétation haute, mobilier urbain) en particulier au niveau des intersections ou de réinsertions dans la circulation générale.

En résumé

Pour aménager une piste cyclable efficace, continue et sûre :

  • largeur suffisante pour les cyclistes et pour les piétons
  • séparation physique et marquage vélo
  • traitement des intersections (priorités et abaissements)
  • pas de détours inutiles
  • respect de l’aménagement
  • attention aux détails

La Roue Libre de Thau se tient à la disposition des aménageurs et de la ville de Sète pour apporter les recommandations d’usagers du vélo au quotidien, et faire en sorte que ce projet de 4 millions € débouche réellement sur un itinéraire cyclable utile aussi bien aux cyclistes de tous les jours qu’au cyclotouristes qui traversent la ville !

Grands travaux

Parmi les autres travaux évoqués par le magazine Sète.fr, citons la Promenade Jean-Baptiste Marty et le Quai de la Consigne, qui ont déjà été évoqués ici et .

Le grand programme de rénovation débuté à Sète en octobre 2016 se poursuit sur une quinzaine de rues. L’occasion de rappeler cet article du Code de l’Environnement  : « A l’occasion des rénovations des voies urbaines, doivent être mis au point des itinéraires cyclables pourvus d’aménagements sous forme de pistes, marquages au sol ou couloirs indépendants. »



Cette vidéo du site Balades autour de l’étang de Thau montre la traversée de la ville de Sète en empruntant entre autres la piste cyclable du Boulevard Joliot-Curie et de la Promenade du Maréchal Leclerc, le passage du Théâtre de la Mer et le Quai de la Consigne.

Attention ! Nous rappelons qu’en l’absence de signalisation spécifique, la circulation à vélo est interdite sur les trottoirs (sauf si vous avez moins de 8 ans).

La vélorue, ou comment rendre cyclable une rue étroite

La première vélorue de France est à Strasbourg !

La ville de Strasbourg vient d’inaugurer en grande pompe ce qui a été décrit comme la première vélorue de France. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

La rue de la Division Leclerc est une rue étroite et à sens unique. Des bandes cyclables existent, mais elles ont été tracées sur les trottoirs et sont donc source de conflit avec les piétons.

Il a donc été décidé de remettre les cyclistes au centre de la chaussée, de les rendre prioritaires et d’interdire leur dépassement par les véhicules motorisés. Les automobilistes devront donc ralentir sur ce segment d’environ 300 mètres de long, ce qui contribue à la sécurité de tous.

La première vélorue de France à Strasbourg. Les cyclistes sont clairement invités à prendre leur place !

Quelle différence avec une rue étroite ?

En théorie, rien ne justifie le statut de vélorue. Dans une rue étroite en effet, si la largeur n’est pas suffisante pour doubler un cycliste en respectant la distance latérale de sécurité de 1 mètre, l’automobiliste doit s’abstenir de le dépasser.

Mais en pratique les cyclistes constatent tous les jours que nombre d’automobilistes ignorent ou contreviennent délibérément au respect de cette distance de sécurité et tentent des dépassements dangereux. D’autres usent de leur klaxon ou de leur pédale d’accélérateur pour effrayer les cyclistes et les inciter à serrer à droite au risque de heurter un trottoir ou de ne pouvoir éviter une portière qui s’ouvre…

Les avantage de la vélorue

La vélorue, dont le concept existe dans des pays comme les Pays-Bas et le Danemark où la pratique du vélo est courante, a le mérite de rendre visible la priorité des cyclistes et de permettre un changement de comportement des automobilistes.

Sur la chaussée, des logos de cycliste accompagnés de chevrons blancs sont peints au milieu pour inviter les usagers de la bicyclette à prendre leur place.

Un panneau spécifique invite les automobilistes à rester derrière les cyclistes, à réduire leur vitesse et à attendre la fin du segment concerné pour pouvoir dépasser.

Panneau temporaire expliquant le concept de la vélorue.

Dans les premiers jours, des panneaux explicatifs temporaires peuvent également être mis en place, et des distributions de tracts peuvent être envisagées.

Des vélorues à Sète ?

Une des spécificités de Sète est l’étroitesse de nombreuses rues du centre-ville, rues dans lesquelles les cyclistes éprouvent un sentiment d’inconfort voire d’insécurité. C’est le cas par exemple de la rue Mario Roustan et de la promenade J.B. Marty, ou encore des quais Adolphe Merle et Docteur Scheydt pourtant récemment réaménagés.

Sur le Quai Adolphe Merle, il n’y a clairement pas la place de dépasser un cyliste en respectant la distance latérale de sécurité de 1 mètre…

Dans ces rues du centre-ville où la vitesse devrait partout être limitée à 30 km/h, la création de vélorues pourrait être une solution efficace. Rapide et peu coûteuse, la mise en place se limite en effet à la peinture d’une signalisation horizontale adaptée et à la pose des panneaux.

En laissant les cyclistes sur la chaussée, la vélorue laisse les trottoirs déjà étroits et encombrés aux piétons. Le changement principal nécessaire est celui du comportement des automobilistes qui doivent apprendre à partager la rue avec les usagers plus fragiles et plus lents que sont les cyclistes.

Mais ralentir à 15-20 km/h au lieu des 30 réglementaires (ou qui devraient l’être) sur une distance de quelques centaines de mètres au maximum n’entraîne finalement un allongement des trajets que de quelques secondes.

Et la diminution de la vitesse générale a un effet positif sur la sécurité de tous : piétons, cyclistes, mais aussi automobilistes et conducteurs de deux-roues motorisés.

Enfin, cet apaisement de la circulation est la première étape d’un cycle vertueux : rassurés, les usagers ont plus nombreux à prendre leur vélo et à laisser leur voiture au garage, la circulation motorisée diminue, le bruit, la pollution et les risques aussi…

Signalisation sur le Quai des Moulins

La continuité et le jalonnement sont deux des éléments qui font la qualité d’un véritable itinéraire cyclable. Ils sont trop souvent absents des aménagements existants à Sète et plus généralement dans le Bassin de Thau.

Quelques aménagements cyclables réussis existent, en particulier de belles voies vertes. Mais trop souvent ces aménagements ne sont pas reliés entre eux, obligeant les cyclistes à retourner dans la circulation générale ce qui est problématique en particulier pour les enfants ou les cyclistes peu expérimentés.

Quant au jalonnement des itinéraires, il est indispensable pour permettre le repérage et l’orientation des cyclistes sur un itinéraire.

Le cas du Quai des Moulins

À ce titre, la signalisation du Quai des Moulins  pose problème à de nombreux cyclistes. Un panneau indique bien l’itinéraire en direction de Frontignan pour les vélos et les piétons, mais sans reprendre la couleur verte généralement adoptée pour le jalonnement des itinéraires cyclables.

La signalisation de l’itinéraire cyclable vers Frontignan est plutôt discrète…

Mais 200 mètres plus loin, des panneaux indiquent la fin de la piste cyclable obligatoire (à ne pas confondre avec une interdiction aux cyclistes !) ainsi qu’une voie sans issue ! Difficile de savoir que l’itinéraire cyclable vers Frontignan continue bien le long du quai…

Il semble donc nécessaire de préciser que le Quai des Moulins n’est pas une impasse pour les piétons et les cyclistes, au moyen du panneau adapté. Un rappel de jalonnement de l’itinéraire cyclable en direction de Frontignan serait également le bienvenu sur cette portion de ViaRhôna et de la Méditerranée à vélo, deux véloroutes fréquentées par de nombreux cyclotouristes.

Zoom sur le Quai de la Consigne

Après la description de la piste du Quai du Général Durand, on continue notre passage en revue des aménagements cyclables de Sète.

Notre but est de pouvoir comparer les différentes réalisations existantes en listant leurs points forts et leurs points faibles et en recueillant les avis des usagers. Ces évaluations pourront être utiles pour proposer aux pouvoirs publics les aménagements que les cyclistes considèrent comme efficaces et sûrs !


Situé sur le « circuit sud » entre le quartier des Quilles et le centre-ville de Sète, le Quai du Général Durand ne peut être emprunté que dans ce sens. Dans l’autre, voitures et vélos doivent cohabiter sur la Promenade Jean-Baptiste Marty, étroite et dépourvue de tout aménagement.

Zoom sur…

Quai de la Consigne (Sète) et Rampe de l’École des Joutes de la Marine, entre le Rond-Point Jacques Mareschal  (Rond-Point du Môle) et le Quai Maximin Licciardi (environ 260 mètres)

Type d’aménagement : bande cyclable unidirectionnelle

Points forts

Cette bande cyclable unidirectionnelle permet aux cyclistes de circuler en sécurité relative.

Points faibles

La bande cyclable ne couvre environ que 215 des 260 mètres du quai. Elle débute près de 20 mètres après le Rond-Point du Môle et s’achève à 20 mètres de la fin du quai, avant la bifurcation entre la Rue Mario Roustan à gauche et le Quai Maximin Licciardi à droite. Un soin particulier aux débuts et fins d’aménagements cyclables est pourtant la garantie d’une meilleure sécurité pour les cyclistes en réduisant les risques de conflits.

La largeur de la bande cyclable est suffisante, mais la présence de places de stationnement en créneau à droite de l’aménagement demanderait la présence d’une zone-tampon d’au moins 50 cm de large pour protéger les cyclistes des ouvertures de portières. En son absence, la largeur utile de la bande cyclable est donc réduite à sa moitié gauche.

Plusieurs accès à des parkings coupent la bande cyclable, interrompue à au moins un endroit par une bande blanche discontinue de type « cédez le passage ».  Les cyclistes circulant sur la bande cyclable devraient pourtant être prioritaires sur les véhicules quittant ou rejoignant leur voie, et ce régime de priorité devrait être clairement compréhensible par tous.

Le Quai de la Consigne est partiellement dépourvu de trottoir, le trottoir existant du côté des garages étant souvent encombré de voitures en stationnement ou de stands de vente. Les piétons sont alors contraints de marcher sur la chaussée, choisissant généralement pour des raisons de sécurité de cheminer sur la piste cyclable. Les cyclistes doivent à leur tour rouler dans la circulation générale, ce qui est source de conflits entre usagers.

Par ailleurs, les cyclistes venant du centre-ville en empruntant le Quai Maximin Licciardi sont censés emprunter la Rue des Marins pour poursuivre leur route en direction du Môle via la Rue Mario Roustan et la Promenade J.B. Marty. Mais cet itinéraire comporte 3 difficultés : (i) la montée de la Rue des Marins, raide et à la chaussée défoncée, (ii) la traversée de la Rue Mario Roustan après l’arrêt au stop à l’intersection, et (iii) la circulation sur la promenade J.B. Marty dont l’étroitesse ne permet pas aux automobilistes de doubler en respectant la distance latérale de 1 mètre.

En conséquence, de nombreux cyclistes délaissent cet itinéraire jalonné et continuent à contresens sur le Quai Maximin Licciardi puis sur le Quai de la Consigne qui constituent un véritable itinéraire naturel, direct et continu, en direction du Môle. Le panneau indiquant le passage par la Rue des Marins peut d’ailleurs facilement passer inaperçu.

Une réflexion sur un réaménagement complet du Quai de la Consigne donnant enfin de la place aux piétons et autorisant la circulation bidirectionnelle des cyclistes serait le bienvenu !


Et vous, que pensez-vous de cet aménagement ? Donnez-nous votre avis dans les commentaires sous cet article ou en nous contactant via le formulaire ! Vous pouvez aussi nous proposer un autre aménagement à étudier.


Retrouvez aussi :

Bouchons derrière les vélos à Sète : les cyclistes inquiets

Un article du Midi Libre intitulé « Bouchons derrière les bus à Sète : les chauffeurs inquiets » a inspiré ce pastiche à notre envoyé spécial dans les rues de Sète, pour parler d’un réel problème : le sentiment d’insécurité des cyclistes dans les rues étroites. Que ce soit avec les bus ou les cyclistes, le problème réside peut-être dans le comportement de certains automobilistes  qui ne supportent pas de devoir partager la voirie et d’avoir à ralentir pour laisser un peu de place à des moyens de déplacement plus adaptés à la ville…


Les cyclistes se plaignent de violences verbales répétées

« On n’est pas en été, alors qu’est-ce que ça va être en période estivale, alors que, déjà, le bouchon s’étend jusqu’au Poisson Fa ! » Ce cri du cœur d’un cycliste montre bien le désarroi des utilisateurs de deux-roues non motorisés devant le nouveau profil des quais Adolphe Merle et Docteur Scheydt.

Pour favoriser la circulation piétonne, un espace dédié a été créé en bord de quai. La chaussée a donc été rétrécie et les cyclistes circulent presque au milieu pour éviter les risques liés aux ouvertures de portières des voitures stationnées en créneau sur le côté droit. Ce qui crée des ralentissements « à chaque passage de cycliste. On a beau dire que la limitation à 30 km/h de la vitesse sur ces voies est de nature à favoriser la cohabitation des voitures et des vélos, elle est rarement respectée… »

Il n’y a plus de place pour laisser passer les cyclistes avec le nouvel aménagement du Quai Adolphe Merle à Sète.

« Les violences verbales y sont plus nombreuses »

Depuis que les quais, nouvelle version, sont en service, les cyclistes vivent avec « une pression supplémentaire. Ça klaxonne derrière. Il y a même des automobilistes qui accélèrent avec leur véhicule pour forcer le passage. Les violences verbales y sont plus nombreuses. »
Ces deux quais sont pourtant particulièrement importants pour les cyclistes, car ils permettent de rejoindre la gare ou la Plagette depuis le centre-ville. « On pourrait passer ailleurs si la ville aménageait des double-sens cyclables, mais il n’y en a pas ! »

Des courriers envoyé à la mairie

Pourtant, les cyclistes avaient, en quelque sorte, donné un coup de sonnette début décembre en effectuant une reconnaissance des travaux en cours. Certains ont envoyé, en décembre et en janvier, des courriers à la mairie pour signaler l’absence d’aménagements cyclables, en violation du Code de l’Environnement qui les impose lors d’une rénovation de la voirie. Aucune réponse vraiment convaincante n’a été reçue.

En attendant, les cyclistes regrettent que le nouveau profil des quais n’ait pas fait l’objet d’une concertation avec l’association la Roue Libre de Thau. « En se basant sur notre expérience, ils auraient pu légèrement modifier certains tracés, explique un autre adepte du vélo. Par exemple, le stationnement en épi à gauche prend beaucoup de largeur.

En le transformant en stationnement en créneau, cela permettrait de contenter tout le monde. On nous répond qu’il n’est pas possible de réduire la place de la voiture en ville  (Il semble toutefois que d’autres villes ont tenté avec succès l’expérience, NDLR). Ou alors l’autre solution serait d’installer des ralentisseurs ou des radars, des panneaux rappelant que la chaussée est partagée et que les automobilistes doivent respecter une distance latérale de sécurité de 1 mètre pour doubler un cycliste en ville. Mais dans tous les cas, on ne nous a pas consultés. » Et ce cycliste de conclure, avec humour, « on attend avec « impatience » la poursuite des grands travaux à Sète… »

Timothée ANCEL


Quelques points de réglementation

L’article R414-4 du Code de la Route prévoit une distance latérale minimale de 1,5 m à respecter lors du dépassement d’un cycliste. En agglomération cette distance est réduite à 1 m. Le non-respect de cette obligation est sanctionné d’une amende de 135 € et d’un retrait de 3 points.

L’article R417-7 du Code de la Route prévoit une obligation de prudence à l’ouverture des portières. Son non-respect est sanctionné d’une amende de 11 €.

Il existe des panneaux invitant au partage de la chaussée entre cyclistes et automobilistes. La différence de culture cyclable entre les Pays-Bas, pays très en avance dans la promotion du vélo, et la France est très visible. Alors que le panneau néerlandais invite clairement les automobilistes à rester derrière un cycliste sans tenter de le doubler, le panneau français semble inviter le cycliste à serrer à droite et inciter l’automobiliste à doubler en le frôlant…

 

 

Zoom sur le Quai du Général Durand

Cet article est le premier d’une série visant à décrire et évaluer les aménagements cyclables urbains que l’on peut trouver dans les villes de Sète, Frontignan, Marseillan et dans toute la Communauté d’Agglomération du Bassin de Thau.

Notre but est de pouvoir comparer les différentes réalisations existantes en listant leurs points forts et leurs points faibles et en recueillant les avis des usagers. Ces évaluations pourront être utiles pour proposer aux pouvoirs publics les aménagements que les cyclistes considèrent comme efficaces et sûrs !


Entre le centre-ville de Sète et le quartier des Quilles, la ville propose un « circuit sud » dont le premier tronçon aménagé est le Quai du Général Durand.

Quai du Général Durand

Zoom sur…

Quai du Général Durand (Sète), entre le Pont de la Savonnerie et le Quai Maximin Licciardi (environ 240 mètres)

Type d’aménagement : piste cyclable bidirectionnelle

Points forts

Cette piste cyclable bidirectionnelle sur trottoir permet aux cyclistes de circuler en sécurité sur une voie séparée de la circulation des véhicules motorisés.

Le double-sens permet aux cyclistes de circuler du Pont de la Savonnerie vers le Quai Maximin Licciardi dans une rue à sens unique.

Points faibles

La mauvaise lisibilité de l’aménagement, la mauvaise qualité du revêtement et l’étroitesse de la partie du trottoir réservée aux piétons sont source de conflits entre usagers, les piétons circulant régulièrement sur la piste cyclable.

La présence fréquente de poubelles, ou celle de deux-roues motorisés en stationnement sur la piste est également signalée.

Le stationnement de voitures devant l’accès côté Quai Maximin Licciardi constitue aussi une gêne importante pour accéder ou quitter la piste dans cette direction.

Il n’y a pas de continuité de l’itinéraire côté Pont de la Savonnerie. La piste cyclable s’insère vers la droite et disparaît Pont de la Savonnerie, mais les cyclistes souhaitant tourner à gauche dans la Rue Paul Valéry doivent descendre du trottoir et franchir le flux du trafic motorisé. En sens inverse, l’accès à la piste n’est théoriquement possible que depuis la partie nord du Quai du Général Durand, et est particulièrement délicat pour les cyclistes censés utiliser une bande cyclable sinueuse et presque effacée.


Et vous, que pensez-vous de cet aménagement ? Donnez-nous votre avis dans les commentaires sous cet article ou en nous contactant via le formulaire ! Vous pouvez aussi nous proposer un autre aménagement à étudier.

Signaler un problème d’aménagement

Personne n’est mieux placé que vous pour constater et signaler des problèmes dans votre quartier ou sur votre trajet quotidien : une rue particulièrement dangereuse, une intersection difficile à franchir, un aménagement cyclable mal conçu ou inexistant, une chaussée en mauvais état, un stationnement gênant récurrent, une absence d’arceaux accroche-vélo, des travaux de voirie réalisés sans création d’itinéraires cyclables

Vous pouvez nous signaler vos observations (via le formulaire de contact) pour nous permettre de mettre à jour notre carte des points noirs.

Mais nous vous conseillons également de transmettre vos observations à titre personnel directement aux services de la ville, soit par voie postale, soit via les interfaces en ligne (liens pour celles de Sète et de Frontignan). Nous pensons en effet que 50 courriers venant de 50 cyclistes mécontents peuvent avoir plus de poids sur les décisionnaires que le communiqué de notre petite association…